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Un dispositif rénové pour faciliter l’accès à l’emploi des parents

Le 8 septembre 2025, l’État, la Caisse nationale des Allocations familiales (Cnaf) et France Travail ont signé un nouvel accord relatif aux modes d’accueil à vocation d’insertion professionnelle (AVIP).

Cet accord, entré en application le 15 février 2026, renouvelle en profondeur le cadre du label AVIP afin de lever plus efficacement les freins périphériques à l’emploi, notamment l’accès à une solution d’accueil pour les jeunes enfants.

La circulaire CNAF n° 202603 (voir la circulaire en cliquant sur le lien en fin d’article) précise les modalités opérationnelles de déploiement de ce dispositif rénové et le rôle des acteurs locaux.

Pourquoi faire évoluer le dispositif AVIP ?

L’accès à un mode d’accueil constitue un levier déterminant pour l’insertion sociale et professionnelle des parents, en particulier des familles les plus fragiles.

En France, près de 160 000 parents déclarent qu’ils auraient travaillé s’ils avaient pu obtenir une solution de garde, et les familles modestes recourent encore beaucoup moins aux modes d’accueil formels que les autres.

Créé en 2016, le label AVIP visait initialement les crèches accueillant une part significative d’enfants de parents en recherche intensive d’emploi. Son déploiement est toutefois resté inégal selon les territoires, en raison de critères parfois difficiles à atteindre et d’une offre d’accueil collective limitée dans certaines zones.

Le nouvel accord répond à ces constats en élargissant le champ du dispositif, en l’adaptant aux réalités territoriales et en renforçant la coordination entre acteurs de la petite enfance, de l’insertion et de l’emploi.

Un public cible élargi et mieux défini

Désormais, peut relever du dispositif AVIP tout parent inscrit à France Travail et engagé dans un parcours d’insertion, qu’il s’agisse :

  • d’une recherche ou reprise d’emploi,
  • d’une entrée en formation,
  • d’un accompagnement dans le cadre du RSA,
  • ou d’un parcours d’intégration républicaine.

Une priorité est donnée aux familles monoparentales, particulièrement exposées à la précarité.

Le dispositif peut également être mobilisé pour des publics jusqu’ici peu concernés, comme les parents réfugiés ou, selon les partenariats locaux, les victimes de violences conjugales.

Cette approche plus large permet d’intervenir plus tôt dans les parcours et de sécuriser les démarches d’insertion, même lorsque le retour à l’emploi n’est pas immédiat.

Une offre d’accueil AVIP plus diversifiée

L’une des principales évolutions introduites par l’accord de 2025 est la diversification des modes d’accueil pouvant être labellisés AVIP.

  • Les établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE)
  • Les crèches peuvent toujours être labellisées AVIP à titre individuel, à condition d’accueillir au moins 20 % d’enfants de parents en insertion.
  • Mais cette obligation peut désormais être appréciée à l’échelle d’un réseau de structures, ce qui facilite l’atteinte du seuil, notamment pour les établissements de petite taille.
  • Les assistants maternels

Le label est désormais ouvert à l’accueil individuel, via des réseaux d’assistants maternels coordonnés.

Le label est attribué au réseau (et non à chaque assistant maternel isolément), favorisant :

  • l’accompagnement professionnel,
  • la mutualisation des pratiques,
  • la réduction de l’isolement et de la sous‑activité.
  • Des réseaux mixtes associant crèches et assistants maternels sont également possibles.

Le rôle central de la coordination

Lorsque les modes d’accueil sont organisés en réseau, la désignation d’un coordinateur AVIP est obligatoire.

Ce coordinateur peut être assuré par :

  • une commune ou un groupement de communes,
  • un relais petite enfance (RPE),
  • un CCAS/CIAS ou une association.

Il est chargé notamment de :

  • centraliser les demandes d’accueil orientées par les acteurs de l’insertion,
  • organiser l’attribution des places,
  • assurer le suivi des accueils,
  • veiller à la continuité du parcours de l’enfant.

Cette fonction de coordination constitue un levier clé pour une réponse rapide, lisible et adaptée aux besoins des familles.

Une orientation des familles élargie à l’ensemble du réseau d’insertion

Autre évolution majeure : l’orientation vers les modes d’accueil AVIP n’est plus réservée à France Travail.

Peuvent désormais orienter les parents :

  • les conseils départementaux (RSA),
  • les missions locales,
  • Cap emploi,
  • les travailleurs sociaux,
  • les structures d’hébergement et d’insertion,
  • les acteurs de l’intégration des réfugiés,
  • ou encore des associations locales.

La circulaire recommande une mise en relation intermédiée entre professionnels, afin de sécuriser les démarches pour des publics souvent fragilisés.

Les Caisses d’Allocation Familiales (Caf) et les Comités Départementaux des Services aux Familles (Cdsf) au cœur du pilotage

Le déploiement du dispositif repose sur une mobilisation forte des Caf et des Cdsf, qui assurent :

  • la labellisation des modes d’accueil,
  • la promotion du dispositif,
  • le suivi et l’évaluation des accueils AVIP.

Les Caf peuvent également mobiliser des financements, notamment via le fonds publics et territoires, pour soutenir la coordination, l’accompagnement des familles et la montée en compétences des équipes.

Un dispositif au service de l’égalité et de l’emploi

En rénovant le label AVIP, les pouvoirs publics affirment une ambition claire :

garantir à chaque parent engagé dans un parcours d’insertion un accès effectif à un mode d’accueil de qualité, au bénéfice de l’enfant, de la famille et du dynamisme local.

Au‑delà de la garde, les modes d’accueil AVIP s’inscrivent pleinement comme acteurs de cohésion sociale, contribuant à la lutte contre la pauvreté, à la réduction des inégalités dès la petite enfance et à l’accès durable à l’emploi.

Circulaire CAF

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